Actualité \ Communiqué de presse

SEPTEMBRE : Une rentrée sous tension pour la filière jus de fruits

Si la réouverture des restaurants et autres lieux de consommation hors-domicile a constitué un soulagement pour le secteur des jus de fruits, la filière fait face à plusieurs difficultés qui impactent de façon très significative certains coûts d’achats de matières agricoles mais également d’emballages.
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→ Fret maritime, aléas météorologiques, stocks au plus bas… les multiples causes d’un approvisionnement en fruits sous tension pour la filière des jus de fruits

LES FRUITS EXOTIQUES ACHEMINÉS PAR FRET MARITIME (ANANAS, MANGUE, PASSION, ...)
La déstabilisation mondiale du fret maritime touche de plein fouet nos approvisionnements en fruits exotiques. La situation a encore empiré cet été, sans perspective d’amélioration avant plusieurs mois.
Il est de plus en plus difficile de trouver des containers dans les zones productrices de jus de fruits. Les délais d’attente sont de plus en plus longs, parfois plus de deux mois. La concurrence entre produits industriels est de plus en plus forte, les armateurs privilégiant les produits les moins lourds à transporter. Les délais de livraison sont donc rallongés, altérant par conséquence la réactivité de production et de conditionnement des opérateurs français. Quand les prix de départ étaient déjà multipliés par 2 ou 3 il y a encore quelques semaines, ils sont désormais multipliés par 5 et peuvent augmenter jusqu’au dernier moment, impactant ainsi de façon significative le prix de ces jus de fruits (jusque =25% !).

LES FRUITS FRANÇAIS VICTIMES DU GEL D’AVRIL
Un épisode dramatique de gel a touché plusieurs régions arboricoles françaises durant la 1ère quinzaine d’avril. Nous avons désormais plus de visibilité sur la production fruitière qui en découle.

• L’accès aux abricots français est très difficile cette année pour la filière des jus de fruits
Le verdict est tombé : la production française d’abricots est historiquement basse cette année. Elle est évaluée à 47 000 tonnes. En baisse de plus de 65% par rapport aux moyennes des années 2015-2019 (source Afidem, Europech/Medfel), la disponibilité en abricots pour le secteur des jus de fruits est très limitée. Cette pénurie est d’autant plus forte que ce gel fait suite à une production déjà faible l’année dernière (-37% en 2020 par rapport aux moyennes des années 2015-2019). Il est donc très compliqué de proposer des jus d’abricot d’origine française cette année. De plus les prix s’envolent : ils ont doublé depuis l’année dernière.

• Les pêches, des récoltes en forte baisse partout en Europe
La baisse de la production de pêches est évaluée à date à -34% en France par rapport à la production de 2020 (-42% par rapport aux moyennes des années 2015-2019). Elle est également très basse dans les autres pays producteurs européens de pêches (Espagne : -25% ; Grèce : -47% ; Italie : -45% par rapport
aux moyennes des années 2015-2019, source Europech/Medfel). Cette production faible dans toute l’Europe entraine une flambée des prix : +30% par rapport à l’année dernière.

• Les poires sont également en déficit
Une pénurie de poires est observée en France, et plus largement au niveau européen. Il est donc difficile pour les industriels de s’approvisionner en poires, ou alors à des prix très élevés.

• La production de raisin devrait être également très faible
Alors que nous ne sommes pas encore entrés en campagne de cueillette, il est désormais certain que la production de raisin française sera historiquement faible, réduisant ainsi le volume habituellement destiné à la fabrication des jus de raisins. Une situation de pénurie également observée en Espagne et en Italie.

DES STOCKS TRÈS BAS POUR LES POMMES FRANÇAISES
La récolte 2021 en pommes produites en zone Nord de la France est attendue à un niveau globalement équivalent à celui de l’année dernière, soit un niveau historiquement faible par rapport aux années de référence (-20% environ). Même situation pour les pommes en écart de tri à destination des jus dont les stocks sont au plus bas. Ce déficit impactera les prix payés par les transformateurs de jus à l’occasion des achats de pommes de l’intercampagne 2022.

LES ORANGES BRÉSILIENNES VICTIMES DE LA SÉCHERESSE
Nous suivons de très près la production de jus d’oranges en provenance du Brésil où de grosses périodes de sécheresse dans les régions de récolte ont altéré la qualité des oranges. En parallèle, la saison des ouragans est encore à venir et pourrait réduire les quantités sur l’Amérique centrale et Floride.
En conséquence, le marché pourrait être tendu si la demande ne baisse pas au niveau mondial.

DE TRÈS PETITS VOLUMES DISPONIBLES POUR LES FRUITS ROUGES (cassis, framboises, mûres, …)
Les très faibles productions de fruits rouges cette année créent là encore de fortes difficultés d’approvisionnement pour la filière ainsi que des inflations prix.


→ 2ème poste de coût pour les professionnels des jus de fruits, les prix des emballages s’envolent, notamment sur le plastique
La filière des jus de fruits, comme d’autres secteurs de l’agro-alimentaire, subit de plus de plein fouet de fortes tensions sur les emballages qu’elle utilise à tous les niveaux de la production. Les prix s’envolent depuis un an (source adhérents) :
• +25% pour les futs métalliques industriels ;
• +40% pour le PET ;
• +60% pour le RPET ;
• +5% pour les cartons.

Du jamais vu ! Les emballages représentent le 2ème poste de coûts dans le secteur après celui des fruits. Ces hausses ont donc un impact majeur sur le coût final des produits. De plus les délais de livraison sur site ont été significativement rallongés, de plusieurs semaines dans certains cas, dégradant ainsi leur taux de réactivité.


Devant faire face à toutes ces difficultés, les entreprises mettent tout en oeuvre pour limiter les conséquences pour leurs clients. Sur les délais et les indisponibilités, chaque opérateur, en fonction de sa situation propre, met en place un plan spécifique afin de gérer les conséquences de ces indisponibilités de matière première et les retards de livraison de certains fruits et emballages. Cette situation perdurera au moins jusqu’à la fin de l’année. Cette situation pourrait également avoir un fort impact inflationniste sur les tarifs à venir. La profession appelle à la prise en compte de cette situation par tous les maillons de la chaîne. Les industriels ne pourront pas absorber tous les surcoûts. C’est la pérennité des emplois dans les entreprises qui est en jeu.

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